L'attentat de Charlie Hebdo, les prises d'otages d'aujourd'hui font l'objet d'images et de commentaires terribles.

Il est donc indispensable de parler à nos enfants de ce que nous vivons aujourd'hui car même si un enfant reste préservé au sein de sa famille de toutes ces images violentes, il a été confronté hier à la minute de silence, aux commentaires au sein de l'école mais aussi aux réactions de ses parents. Nul ne peut, je pense, rester insensible à ce qui se passe.

Aussi deux psychanalystes, Serge Tisseron, psychiatre et psychanalyste auteur de "3-6-9-12 Apprivoiser les écrans et grandir" aux éditions Séres, et Claude Halmos psychanaliste et écrivain, donnent 5 conseils dans "Ouest France":

1)PRENDRE L'INITIATIVE DU DIALOGUE

Même si les enfants sont petits, même si on a le sentiment qu'ils n'ont rien entendu, ils ressentent les émotions qui animent les parents. Si on ne leur parle pas ils peuvent avoir le sentiment que c'est de leur faute et peuvent ressentir de la culpabilité,vers 3-4 ans ils se sentent "indignes de comprendre ce qui se passe".

2)NE PAS CACHER NOS EMOTIONS 

Les adultes ont peur de se mettre à pleurer mais "cacher ses émotions n'est pas productif" dit Serge Tisseron.Il ne s'agit pas pourtant de trop communiquer sa peur.

Pour Claude Halmos "les parents ne doivent pas retenir leurs émotions" car "c'est une réaction humaine qui montre l'inhumanité de ce qui s'est passé".

Il faut dédramatiser en rappelant les faits.

Il est important de partir de ce que savent vraiment les enfants en leur demandant de préciser ce qu'ils ont compris.

"La parole de l'adulte doit servir de contenant et permettre à l'enfant de comprendre ce qu'il a vu ou entendu.Elle évite la construction d'images terrifiantes".

3)UTILISER DES MOTS SIMPLES

Il faut bien sûr s'adapter à l'âge et à la maturité des enfants ou adolescents.

Pour les plus petits il faut des phrases courtes, des termes simples.

Pour François Dufour, rédacteur en chef du groupe de presse Playbac qui publie "le Petit Quotidien", "Mon Quotidien"...il faut rester vigilant avec les adolescents demandeurs d'échanges mais qui peuvent être excessifs dans leurs prises de position. Il faut leur dire qu'on comprend leur réaction mais leur rappeler l'essentiel. "On peut défendre des valeurs sans agresser les autres".

Pour Claude Halmos il est important qu'il existe une réaction face à cet événement exceptionnel. "La police recherche les meurtriers, les gens se mobilisent dans les journaux, dans les rassemblements"

4)REPONDRE AUX QUESTIONS

 "Les parents amorcent l'échange pour que les enfants puissent se sentir libres de poser des questions" dit Serge Tisseron. Les adultes peuvent aussi dire "qu'ils ne savent pas quand il ne savent pas".

5)AIDER LES ENFANTS A COMPRENDRE ET A GRANDIR

"Ne pas perdre l'occasion de cette extraordinaire leçon de démocratie et de tolérance que nous pouvons leur donner" dit Serge Tisseron,en leur expliquant la minute de silence observée jeudi par exemple.